Sur le boulevard Ney, dans le 18e arrondissement de Paris, une petite porte indique l’entrée de la MSP Épinettes-Grandes Carrières. Érigée sur le site même de l’hôpital Bichat-Claude-Bernard (AP-HP), la MSP naît de la volonté de l’hôpital, il y a quatre ans, « de créer une structure ambulatoire au sein de ou autour de Bichat, prochainement détruit et reconstruit à Saint-Ouen dans le cadre du Grand Hôpital Nord », explique le Dr Léa Dayan, médecin généraliste au sein de la MSP. Soutenue par l’APHP, l’ARS, la Ville de Paris et la région Île-de-France, la structure, inaugurée le 26 août 2019, compte 4 médecins généralistes, 4 infirmières et 2 sages-femmes. « L’hôpital est notre bailleur, mais on reste des professionnels libéraux », précise-t-elle. D’où l’importance d’avoir une entrée distincte et d’être bien identifié comme une structure libérale.

 

MSP Epinettes
© MSP Epinettes-Grandes-Carrières

 

Mise aux normes des locaux, rédaction des plans avec l’architecte de l’hôpital, aide financière au démarrage du projet… L’hôpital Bichat a fortement collaboré à la création de la MSP et de son projet de santé axé sur la relation ville-hôpital. Première étape : créer du lien et proposer des conventions validées. « Le contact a varié selon les services et dépend souvent du chef de service. Certains ont très bien joué le jeu, notamment la médecine interne, la gériatrie ou la diabétologie, explique le Dr Fabien Ladauge, médecin généraliste et médecin du sport. Aux urgences, par exemple, on a mis en place des circuits directs et un bilan commun tous les six mois. » En revanche, si les médecins en gynécologie-maternité ont transmis leur numéro direct à la MSP, ils n’ont pas voulu rédiger de convention. « Ce qui est dommage parce qu’on avait proposé de dégager des plages pour les suivis de grossesse ou les nouveau-nés, par exemple », complète Léa Dayan.

De la théorie à la pratique

S’ils s’accordent à qualifier leurs relations avec les services hospitaliers comme cordiales, Kore Mognon, médécin généraliste et coordinateur de la structure, fait état de la difficulté de «  passer de cette relation cordiale à un vrai protocole d’accord. Ce qui nous manque, c’est un système d’information partagé. On envisage d’installer l’application Terr-eSanté, mais l’outil ne sera pertinent que s’il est adopté par les autres acteurs du territoire. L’hôpital y est favorable, mais les services sont plus réticents. Ce n’est pas qu’ils ne le veulent pas, mais c’est compliqué de changer de logiciel. »

 

Dr Léa Dayan
Dr Léa Dayan © L.D.

 

La MSP a proposé l’envoi, une ou deux fois par an, d’un courrier résumant l’évolution de l’état du patient pour faciliter l’hospitalisation, notamment en gériatrie, « mais on n’y est pas encore, se désolent-ils. Nos infirmières se sont formées à Bichat pour que les patients de la polyclinique soient vus à la MSP pour la prise en charge, les soins de pansement et éviter la surcharge dans les services. Mais l’information n’a pas été bien transmise… Et puis, avoir l’accord d’un chef de service, ça ne veut pas dire que c’est appliqué en dessous. L’opérationnel, c’est autre chose ! »

Comment communiquer ? comment adresser ou se faire adresser des patients ? Si une convention de partenariat général a été signée, des avenants doivent être rédigés pour aborder la partie opérationnelle. « Ce serait intéressant d’avoir des staffs communs ou des postes hospitaliers avec un temps dédié à la fluidification du parcours et le lien avec la ville, peut-être via des cadres infirmiers… », suggère le Dr Kore Mognon. Forte de ses dix mois d’existence, la MSP Épinettes-Grandes Carrières a « bon espoir » de consolider ses liens avec l’hôpital. D’autant que ce partenariat est une « vitrine » de ce que pourrait être la relation ville-hôpital. « C’est une révolution pour nous... et c’est une révolution pour l’hôpital ! »

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