Applaudissements tous les soirs à 20 h, versement d’une « prime Covid », annonce d’un « Ségur de la santé » : depuis le début de la crise du coronavirus, on n’entend parler que de l’hôpital. Pourtant, du dépistage au suivi des patients après la sortie d’hospitalisation, les professionnels de ville sont, eux aussi, sur le pont. Comment expliquer cette quasi-absence dans le paysage médiatique ?

« Les ministres et les employés des ARS sont souvent issus de l’hôpital, ce qui peut les inciter à davantage lui prêter l’oreille », avance le Dr Pascal Gendry, président d’AVECsanté. « Nous avons surtout du mal à être entendus en tant que soins primaires organisés, pointe, pour sa part, le Dr Béatrice Allard Coualan. Nous sommes considérés comme des professionnels isolés, y compris par les patients, alors que nous déployons une vraie méthodologie de prise en charge ! »

Le problème est en partie géographique : si l’hôpital est bien planté entre ses quatre murs, il est moins évident d’identifier comme une seule entité les différents professionnels d’une MSP, qui circulent toute la journée d’un site à un autre. Cet apparent éparpillement ne facilite pas non plus les actions de communication. « Dans ce domaine, par rapport à l’hôpital, c’est le pot de terre contre le pot de fer, déplore Saliha Grévin, pharmacienne et présidente de la CPTS du Grand Douai. Mais la montée en puissance des CPTS va changer les choses : il y en aura bientôt 1 000 contre environ 130 GHT. Cela va forcément restructurer la parole. »

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