« Notre MSP est une vieille et une jeune structure, lance le Dr Michel Dutech, vice-président de la maison de santé de Nailloux (Haute-Garonne). Dans les années 1980, on a figuré dans les projets de centres de santé, pour finalement se structurer en groupe pluriprofessionnel avec un secrétariat, colonne vertébrale de notre équipe. On compte aujourd’hui 7 médecins, 4 infirmières, 2 psychologues, 2 orthophonistes, 2 orthoptistes, 4  kinés, 1 dentiste, 1 diététicienne, 1  pédicure-podologue… » Une équipe qui a su tisser des liens privilégiés avec les autres acteurs de son territoire, notamment le centre hospitalier, le centre médicopsychologique (CMP), le centre d’accueil thérapeutique à temps partiel (CATTP) adultes et grands adolescents, le centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa) ou encore le service de soins infirmiers à domicile (Ssiad), situés à proximité.

Une « habitude territorialisée »

Une proximité géographique qui permet un véritable échange. « Un local contigu permet de communiquer avec le CMP. Il constitue aussi une garantie de sécurité pour cette équipe, moins nombreuse que la nôtre. Nous faisons des réunions de concertation pluriprofessionnelle (RCP) et, comme nous sommes maîtres de stage, nos étudiants assistent aux consultations de psychiatrie. Avec le Ssiad qui s’est positionné en “Haltes répit”*, nous prenons en charge près de 80 patients en commun », explique-t-il.

Dr Michel Dutech
Dr Michel Dutech © M.D.

Cette « habitude territorialisée » et cette « vieille culture de la transversalité » démontrent que « quand on travaille ensemble, on permet des circuits courts, on fait découvrir nos modes de fonctionnement, et on parvient à trouver des terrains d’entente et à mettre en place des RCP… Ce qui n’a pas été simple pendant le Covid », précise le Dr Michel Dutech. Début juin, l’équipe de la MSP a pourtant pu mettre en place une réunion commune avec l’équipe du CMP, pour « remuer les prises en charge », envisager les urgences, établir les temps de présence, évoquer l’information au patient…

« La crise du Covid-19 nous a montré l’absolue nécessité de ce lien entre la ville et l’hôpital, et le Ségur de la santé nous permettra, je l’espère, de consolider ces relations. D’autant que le futur projet de CPTS nous amènera à réinterroger le circuit. Par exemple, l’accès aux soins spécialisés, c’est plutôt les CHU et les cliniques privées. Et nous avons signé un partenariat avec la clinique Monié, à 8 km de Nailloux, qui a un centre de radiologie qui permet de faire de la télémédecine », poursuit Michel Dutech.

L’hôpital et la clinique sont des « partenaires complémentaires » : prise en charge des patients âgés et/ou chroniques, accès aux spécialistes, proximité… Une fiche de liaison, déjà validée pour permettre « l’aller et le retour des patients dépendants et âgés », est aujourd’hui en stand-by, explique le médecin, en raison de la difficulté à développer une interopérabilité des outils informatiques. Conçue conjointement par les professionnels libéraux, le CHU, les Ehpad et le gérontopôle, « elle est fonctionnelle, mais n’est pas mise en œuvre parce qu’on a besoin d’une réorganisation. Elle sera mise à jour d’ici fin 2020 », assure Michel Dutech.

* La création des Haltes répit permet, depuis 2015, de répondre aux besoins des personnes de plus de 60 ans présentant des troubles cognitifs, et aux difficultés de leurs aidants familiaux.

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