Vous avez succédé au Dr Michel Varroud-Vial comme conseillère médicale auprès de Katia Julienne, la directrice générale de l’offre de soins. En quoi consiste cette fonction ?

Il s’agit d’apporter des éléments de compréhension à Katia Julienne, la directrice générale, mais aussi aux différents services de la DGOS, sur notamment le monde libéral et des soins primaires. Je m’appuie sur mon expérience de terrain, mon réseau et les relations que je garde avec les acteurs de ville pour donner des éléments de contexte sur des thématiques qui touchent à ce mode d’exercice. J’apporte également un éclairage métier sur ce qu’est la fonction de médecin, mais aussi celle de tous les professionnels de santé, grâce notamment aux discussions entamées avec leurs représentants.

On connaît votre engagement et votre appétence pour le terrain*. Pourquoi, aujourd’hui, un poste de conseiller ?

C’était justement la volonté d’apporter cette expérience terrain au sein d’une administration centrale. À titre personnel, c’est aussi très intéressant de pouvoir développer à l’échelon national toutes les notions auxquelles je crois et que j’ai expérimentées.

Comment appréhendez-vous cette mission, qui doit permettre le développement de l’exercice coordonné, alors que bon nombre de responsables professionnels n’y sont pas vraiment acquis ?

C’est une mission à laquelle je crois énormément : l’exercice coordonné est la meilleure façon d’exercer la médecine, aujourd’hui et demain. C’est peut-être la définition de ce mode d’exercice qui est encore un peu floue. Qu’est-ce qu’un exercice coordonné ? C’est à la fois un travail collaboratif et structuré, réalisé avec d’autres professionnels de santé. La collaboration autour d’un échange téléphonique, tout professionnel sait le faire. Mais il faut être capable de structurer ce travail. Quand la situation discutée autour d’un patient permet aux autres soignants de gérer, par la suite, la même situation ou pathologie auprès d’autres patients, c’est de l’exercice collaboratif et structuré. Et c’est ce qui est développé dans les protocoles de coopération, les réunions de concertation pluriprofessionnelles, les formations interprofessionnelles… L’exercice coordonné permet tout cela, grâce notamment au financement.

À ce sujet, êtes-vous favorable à la rémunération d’équipe ?

Le financement pour l’équipe est un sujet encore en discussion mais qui a déjà été plus ou moins ouvert notamment grâce à l’accord conventionnel interprofessionnel (ACI) MSP, qui permet un financement de l’équipe sur des activités de coordination et en dehors du soin. La question, aujourd’hui, c’est : est-ce qu’on arrivera à une rémunération de l’activité de soins ?

Vous êtes notamment chargée de coordonner la mise en oeuvre de la mesure 25 du Ségur de la santé, dédiée à l’amélioration de l’accès aux soins non programmés par le développement de l’exercice coordonné. Quelles sont les grandes lignes de cette mission ?

Pour l’instant, cela doit être détaillé, notamment par la DGOS et la Cnam avec qui je vais travailler étroitement, du fait notamment des négociations conventionnelles interprofessionnelles et du développement du service d’accès aux soins (SAS). Cette mesure va se construire au fur et à mesure des échanges conventionnels et des discussions avec les pilotes du SAS. L’objectif étant de permettre la généralisation du SAS et l’effection des soins non programmés en ville sur tout le territoire pour 2022.

D’autres chantiers vont aussi s’ouvrir grâce notamment au pilier 4 du Ségur [Fédérer les acteurs de la santé dans les territoires au service des usagers, NDLR] auquel je serai associée, ou encore le pilier 1, qui porte sur les ressources humaines et l’évolution des métiers.

Ma volonté aujourd’hui : apporter une expérience de terrain au sein d’une administration centrale
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