« Depuis plusieurs années, le département est fortement sollicité par la population, confrontée à un manque de médecins traitants, fait savoir le Dr Bruno Charrier, médecin coordinateur de la mission Vendée Santé, qui gère les centres de santé départementaux. L’octroi d’aides financières aux jeunes médecins libéraux n’a pas permis d’en attirer suffisamment pour combler la demande en soins. » Le département a donc engagé une réflexion en 2018 avec l’ARS, la CPAM, l’URPS médecins libéraux et le Cnom pour s’orienter vers la création de deux centres de santé, avec des médecins salariés du département. « L’objectif étant d’être un soutien aux généralistes libéraux installés, nous avons cherché des territoires où les centres de santé n’allaient pas entrer en concurrence avec eux », rapporte Bruno Charrier.

Manque de médecins traitants

Les deux territoires les plus en difficulté ont été identifiés : Sainte-Hermine et Moutiers-les-Mauxfaits. À Sainte-Hermine, au sein des locaux de la MSI, dans laquelle exercent des professionnels libéraux (médecins, infirmières, sages-femmes et chirurgiens-dentistes), les bureaux des kinésithérapeutes, partis de la structure, étaient vacants. « La collectivité nous les a donc proposés, avec la possibilité d’en faire trois cabinets médicaux », indique le médecin.

Josiane Jacquet-Thoron, généraliste libérale qui exerce dans la structure, a favorablement accueilli ce projet. À l’origine, elle devait partir à la retraite fin 2019, mais, faute de successeur, elle a décidé de poursuivre un an de plus « pour ne pas laisser [s]a patientèle sans médecin ». « Lorsque les représentants du conseil départemental nous ont présenté ce projet de centre de santé en avril 2019, ils avaient conscience de la problématique de notre territoire, d’autant plus que mon confrère partait, lui, à la retraite fin 2019 », précise-t-elle. Elle a donc confirmé le maintien de son activité pour l’année 2020, le temps d’assurer le relais avec les médecins du centre de santé pour la prise en charge de sa file active composée d’environ 1 800 patients.

 

Carte médicale de la Vendée
Carte médicale de la Vendée. © Département Vendée.

 

À ce jour, les médecins ne prennent en charge que les patients sans médecin traitant ou ceux qui souhaitent en changer. Ils sont quatre, répartis sur 2,2 équivalents temps plein (ETP) pour recevoir 2 100 patients. « Là où le bât blesse, c’est qu’il n’y a pas eu assez de recrutement au centre de santé entre 2019 et 2020, note Josiane Jacquet-Thoron. Or, d’après notre accord tacite, le centre de santé reprend mes patients à partir du 2 janvier 2021. » De son côté, le Dr Bruno Charrier garantit que le centre de santé va passer à trois ETP pour répondre à la demande. Les échanges entre les professionnels de santé libéraux et salariés sont, par ailleurs, très limités. « Je n’ai pas de temps à consacrer à l’élaboration de projets communs avec le centre de santé, reconnaît le Dr Jacquet-Thoron. Je travaille cinq jours par semaine de 9 h à 22 h en moyenne, très souvent le samedi matin et parfois même l’après-midi. Finalement, j’exerce une profession libérale mais j’assure une mission de service public. »

Pour l’heure, les professionnels de santé des deux structures partagent la même salle d’attente et s’organisent ensemble pour la permanence des soins. « Nous prenons également en charge les patients des médecins libéraux lorsque ces derniers sont en congé, et des échanges informels ont lieu entre les infirmières libérales, la sage-femme et nous », indique Bruno Charrier. À ce jour, l’ouverture d’autres centres de santé départementaux est en réflexion en Vendée.

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